"Réjouissant ! Autant drôle qu’émouvante, cette bravoure de gisants en mouvement !" dixit Olivier Hahn
Sans artifice, d'un simple geste, un monde sens dessus dessous trouve son équilibre.
L'histoire de la photographie a consisté pendant sa plus longue période à cadrer dans le viseur un monde à l'envers, ce que le Reflex nous a fait perdre, on le retrouve ici.
Puisqu'à nouveau, comme dans Villa Lanver, deux forces revendiquent le "bon sens", ici la poésie l'emporte et nous entraine dans l'univers des possibles. Aidé par l'inconscient collectif qui connait la figure de Superman, le sujet vol, sans aucun doute.
Ce sont des portraits de héros. Des personnes libres et infiniment heureuses de l'être. Qui se battent pour leurs rêves.
D'Arthur H. à Alain Ligier, aux côtés de Julia Morlot (artiste), Burthon Kilola (musicien), Muriel Asselin (horticultrice), Damien Dupuis (tailleur de pierre), Alexandre Rety (photographe), Alexis Forestier (l'Endimanché de la Quincaillerie), Wolfgang Canal (l'homme aux mille vies), Rafaël Carré (apiculteur et programmeur), Milo Ziade (chasseur d'images et de sensations) et enfin Damien Boudier le facteur Cheval du XXIe siècle.
Vers l'age de vingt ans, j'ai fait l’expérience, une nuit, devant le ciel, de la relativité de notre représentation du monde. En effet pour la première fois de ma vie, j'ai eu le sentiment, couché sur le dos, d'être face à l'univers, la Terre collée dans mon dos, moi aimanté à la Terre.
Malgré que j'étais couché, il ne s'agissait plus d'horizontalité mais de verticalité. Comme dans un manège qui vous colle aux parois, J'ai senti toute la force de l'attraction terrestre, et la marge qu'elle nous laisse pour pouvoir nous mouvoir.
J'ai senti que l'univers n'est pas un ciel au dessus de nous mais un espace qui nous entoure, dans lequel flotte notre planète et auquel nous pouvons faire face.
J'en préfère dès lors l'adage : Les pieds sur Terre, la Terre dans les étoiles.
C'est cette expérience qui m'a permis d'envisager de retourner les images dans la série Villa Lanver, de constater que cela fonctionne et de réitérer ici.
Malgré une parenté qu’on pourrait voir avec le travail de Philippe Ramette, l’origine de cette série est toute différente et le propos diffère grandement également. Son travail n’a pas vraiment influencé le mien.
Chez Philippe Ramette la gravité est toujours vers le bas, il fait des efforts immenses avec des moyens financiers gigantesques pour jouer de l’orientation de la gravité en retombant toujours sur ses pieds.
Au contraire chez moi, c’est bien la gravité, sans aucun artifice qui fait fonctionner l’image.
Je reconnais beaucoup plus de lien avec l’œuvre de Piero Manzoni, "le socle du monde".