Promenade au clair de lune, monter du hameau au village. Derniers instants d'une bougie dans le jardin dead-end.
La ville, aux lampadaires éteints, par nuit de pleine lune. Strasbourg, Dijon.
Selfies. 2025-2026. Présence humaine plus que portrait, Mariages de lumières.

avant l'accouchement, 2023, 90x60 cm
Les soirs de pleine lune, j'arbore la nuit en nyctalope. Les lumières humaines prennent une toute autre importance et se croisent baignées dans la lumière du ciel. Des poses longues de 10 à 30 secondes permettent de saisir ces mariages.
La Nuit :
« c’est fait pour dormir ! » disent mes poules.
Je leur ferme le poulailler et m’en vais, trépied sur l’épaule, appareil en bandoulière, sous la lumière, tellement belle, quoi que froide, de la lune.
Je cherche les endroits où les lumières humaines sont si infimes que la lune a le dessus, des lieux où les lumières se mêlent les unes aux autres, deux trois, quatre sources.
Villes aux lampadaires éteins, campagne où les villages dorment au loin, selfies aux flash d'un briquet ou d'un portable, néons qui s'allument dans des champs magnétiques.
La nuit la Terre est une autre planète.
Dans laquelle on s’avance avec prudence, tel un explorateur.
Dans le silence et une impression de désert.
On s’y embarque comme un navire, Sisyphe en figure de prou, parce qu’à chaque fois revient le jour.
De ce ciel étoilé qui n’est pas à notre échelle, on apprend à relativiser les futilités qui nous entourent au quotidien et on prend la mesure de cette minuscule planète. On a pas appris grand-chose depuis
Einstein, sinon qu’on en sait encore moins qu’avant.
J'ai appris à composer avec la lumière de la lune dans "Le Jardin Dead End"